"Je n'ai jamais commis le moindre acte de corruption, jamais", avait affirmé lors de son procès l'ancien chef de l'Etat (2007-2012), voulant "être lavé de cette infamie" qui pourrait lui valoir de la prison ferme.

Un jugement inédit, guetté par la presse du monde entier. Nicolas Sarkozy l'avait assuré à la barre: "C'est l'affaire du siècle. Pourquoi? Parce que c'est moi. C'est ma présence seule qui déchaîne tout ceci".

Celui que les Français surnomment "Sarko" et dont la présidence fut marquée par une ligne dure sur la sécurité et l'immigration avait pourtant juré qu'on "n'entendrait plus parler de lui", après une humiliante défaite en 2012 face au socialiste François Hollande.

Ses démêlés judiciaires, sa vie médiatique avec l'ex-mannequin franco-italienne et chanteuse Carla Bruni épousée en 2008 ont fait mentir cette prédiction, tout comme sa popularité toujours forte à droite de l'échiquier.

Malgré sa défaite sans appel au premier tour de la primaire de la droite de 2016, son évocation dans les meetings de son parti Les Républicains continue de déclencher des tonnerres d'applaudissements. Ses livres se vendent comme des petits pains.

"Petit Français de sang-mêlé" 

Ce "petit Français de sang-mêlé" (père hongrois, grand-père maternel juif grec) - selon son expression de la campagne victorieuse de 2007 - n'a que 28 ans lorsqu'il s'empare en 1983 de la mairie de Neuilly-sur-Seine.

Doté d'un enthousiasme communicatif, d'une fougue verbale liée à une gestuelle saccadée, M. Sarkozy a eu, tout au long de sa carrière politique (maire, député, ministre, président de parti, chef de l'État), le don de se faire autant aimer des uns que détester des autres.

Un temps exclu du jeu à droite, il redevient incontournable pour la réélection de Jacques Chirac à la présidentielle de 2002, avant de défier ce dernier depuis les rangs du gouvernement, comme très populaire ministre de l'Intérieur, et de s'ouvrir les portes de l'Élysée en 2007.

"Président bling-bling" sans self-contrôle pour certains, gestionnaire habile de la crise financière de 2008 pour d'autres, il sera le premier président depuis Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981) à être battu en sollicitant un second mandat en 2012.

"L'ultime recours" ?

Mais les luttes fratricides à droite lui ouvrent la voie vers un premier retour. Dès 2013, un "Sarkothon" permet d'engranger 11 millions d'euros pour compenser l'invalidation de ses comptes de campagne par le Conseil constitutionnel.

"Moi, j'ai un lien particulier avec les Français. Il peut se distendre, il peut se retendre, mais il existe", affirmait en 2013 cet homme petit et sportif, "addict" - le mot est de lui - au vélo et au jogging, père avec Carla Bruni d'une petite fille, après avoir eu trois enfants de deux précédents mariages.

Dans un parti en quête de chef pour la présidentielle de 2022, certains rêvent de son retour. Même si lui-même l'assure: "j'ai tourné la page".

Nicolas Sarkozy "a servi son pays" et "peut-être pourrait le servir encore", a affirmé vendredi le maire LR de Chalons-sur-Saône Gilles Platret.

"Pour beaucoup d'électeurs il reste une référence et une espérance", assurait récemment un député LR. Pour un autre, "il peut être un ultime recours". "S'il a un trou de souris, Sarkozy ira", affirmait un troisième, tout en s'inquiétant de ses relations avec l'actuel chef de l'Etat: "la caution 'Sarko' sert à Macron pour son électorat".

Emmanuel Macron affiche en effet une entente cordiale avec Nicolas Sarkozy, dont plusieurs proches - comme le Premier ministre Jean Castex ou le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin - occupent des postes stratégiques.

"J'ai toujours essayé de me rendre indispensable partout où je me trouvais", dit l'ancien président dans son dernier ouvrage "le Temps des tempêtes". Des tempêtes qui "sont dans ma nature et constituent mon identité".

Après le procès des "écoutes", une autre tempête judiciaire se profile pour lui avec, en mars, le procès Bygmalion (sur les comptes de campagne de la présidentielle 2012).