On savait le week-end studieux. Il a été, samedi et dimanche, plutôt tendu. En cause, la remise à plat complète sur la thématique des pensions. Se basant sur une note du cabinet de Daniel Bacquelaine (MR), les négociateurs ont recommencé à discuter de la manière d’arriver à financer la pension à 1500 euros net. La note sur la table s’avérant être partiellement complète seulement, cela a provoqué quelques tensions. De son côté, le Bureau du Plan a fait ses calculs, et les a d’ailleurs remis aux représentants des 7 partis. Le coût est de 4,8 milliards d’euros, mais si on retire les indexations automatiques et la part de l’enveloppe « bien-être » qui est remise aux allocataires sociaux, on arrive à une facture d’environ 3 milliards d’euros. Soit le montant qui était, il y a une semaine encore, a priori alloué aux politiques nouvelles du futur gouvernement.

Sauf que la manne a grossi… A bonnes sources, on a appris que les 7 partis s’étaient entendus sur le montant de 11 milliards d’euros pour des politiques nouvelles d’ici à 2024. De quoi pouvoir faire brandir un trophée de plus en cours de législature par chaque parti ? Peut-être mais cette enveloppe gonflée est prévue d’ici à 2024. D’ici là, beaucoup d’eau aura encore coulé sous les ponts. En outre, la situation budgétaire de la Belgique, même si elle moins catastrophique qu’imaginé à ce stade, reste très préoccupante. Le déficit public pour cette année, pour rappel, est attendu à plus de 44,5 milliards d’euros. Soit 10,17 du Produit intérieur brut (PIB) en lieu et place des 11 % estimés en juin. Et l’équilibre budgétaire ne sera pas prévu avant… 2030. Le budget, de toute façon, reste et restera le nerd de la guerre. Sur le plan politique aussi. Dès que la déclaration gouvernementale sera prête, la NV-A déposera une motion pour demander l’évaluation budgétaire des mesures projetées par la Vivaldi. Mais les nationalistes flamands, très en verve ce week-end, n’ont pas attendu le résultat de cette évaluation pour déjà enquiquiner les « Vivaldiens ». Le parti de Bart De Wever a en effet fait fuiter le compromis qu’ils avaient obtenu avec le PS.