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Belgium

Maggie De Block soutient la fermeture de 17 maternités dont 8 se situent en Wallonie: voici lesquelles (infographie)

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« Si cette réforme voit le jour, 1 maternité sur 4 fermera ses portes en Wallonie », ce qui aurait de lourdes conséquences tant sur les autres hôpitaux contraints d’absorber la surcharge de travail que sur les futures mamans obligées de parcourir plus de kilomètres pour se retrouver au fil du temps dans des méga-structures impersonnelles, a ainsi pointé le groupe PS à la Chambre.

« Les maternités doivent rester un service de proximité accessible financièrement et géographiquement pour les citoyens et les citoyennes, et non un produit de rentabilité économique. La qualité des soins pour les femmes et les nouveau-nés doit être au cœur de nos décisions politiques, avec un personnel médical qui travaille dans les meilleures conditions », a pour sa part commenté la députée socialiste Eliane Tillieux. « L’argument économique pour fermer des maternités, ce n’est pas notre conception de la santé », a-t-elle ajouté.

« Les écologistes ont toujours été ouverts et même demandeurs de réformes des soins de santé, donnant la priorité aux soins de première ligne et favorisant les synergies entre hôpitaux. Mais la proposition de la ministre de la Santé de diminuer le nombre de maternités et donc d’augmenter le nombre d’accouchements par hôpitaux nous semble surtout répondre à des objectifs budgétaires, au détriment du bien-être des enfants et des mamans », a renchéri Ecolo.

« Si la ministre veut réaliser des économies, qu’elle revoie sa politique en matière de médicaments, qui sont trop coûteux et surconsommés dans notre pays », a poursuivi Laurence Hennuy, députée fédérale Ecolo et membre de la commission Santé de la Chambre.

Parmi les 17 maternités en sursis, 8 se situent en Wallonie : celles du CHR de Mons, du CH Haute Senne (Soignies), du CHU André Vésale (Montignies le Tilleul ; elle a fermé il y a peu), de l’Hôpital de Jolimont sur le site de Lobbes, du CHR de Huy, du Centre Hospitalier Régional du Val de Sambre (Auvelais), du St. Nikolaus Hospital d’Eupen. Aucune maternité en région bruxelloise n’est par contre citée par le Centre Fédéral d’Expertise des Soins de santé.

Réactions des élus

Par ailleurs, le projet « ne tient manifestement pas compte des spécificités territoriales, notamment au plan wallon, et fait un mauvais usage aux chiffres de l’étude. Des maternités comme celles d’Auvelais, Lobbes, Huy ou Soignies jouent un rôle majeur sur le plan social et médical, car elles sont insérées dans leur bassin de vie », a de son côté regretté le député régional Laurent Heyvaert.

« Vouloir à tout prix fixer des critères de rentabilité va dans le mauvais sens. Il faut, au contraire, partir des réalités du terrain et des besoins réels », a enfin estimé Ecolo qui n’exclut pas de demander au ministre-président wallon, Elio Di Rupo, de saisir, si nécessaire, le comité de concertation.

Au nord du pays, c’est le CD&amp ; V, entre autres, qui a donné de la voix. Son président, Joachim Coens, est loin de partager l’analyse de Maggie De Block. « La proximité des maternités est importante. Les accouchements font partie des soins de santé de base. Pourquoi les petites maternités n’offriraient-elles pas le même niveau de qualité que les établissements plus importants », s’est-il notamment interrogé.

Jeudi matin, la ministre de la Santé avait déclaré que la fermeture de 17 petites maternités insuffisamment efficientes, comme le préconise le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE), « constitue une opportunité pour d’autres domaines des soins de santé ». « Nous dépensons actuellement plus d’argent qu’il n’en faut pour les maternités, ce qui laisse moins d’argent que nécessaire pour les autres services de santé », avait-elle affirmé.

Jeudi après-midi, Maggie De Block a été soumise à un feu nourri de questions d’actualité en séance plénière de la Chambre. La députée cdH Catherine Fonck y a dénoncé le critère sur lequel se basent le KCE et la ministre. « Examiner la situation des maternités uniquement sur base des accouchements, c’est oublier une part non-négligeable du reste du travail réalisé : le suivi en consultation des femmes enceintes, l’accompagnement pré et post-natal, le suivi rapproché des grossesses à problèmes… », a-t-elle fait remarquer. « Les futures mamans doivent parfois se rendre plusieurs fois par semaine à la maternité pour un suivi rapproché. Leur dire qu’elles n’auront qu’à aller plus loin et se débrouiller, c’est brutal et inopportun. »

Pour le PTB, Sofie Merckx a affirmé que le personnel des hôpitaux était « choqué » et déjà « mobilisé pour se battre pour leur maternité ». La députée Sophie Rohonyi (DéFI) a également soutenu que la recommandation du KCE était « mal vécue par les maternités et les sages-femmes », craignant un nouveau rehaussement futur du seuil minimal d’accouchement ».

Dans sa réponse, Maggie De Block a confirmé les propos tenus dans la matinée, tout en assurant qu’un dialogue devra être entamé à propos de l’impact sur le personnel.

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