Le syndicat chrétien à l’initiative de cette mobilisation n’espérait pas un tel succès, "et il faut bien dire que ça réchauffe un peu le cœur", nous confiait ce jeudi Isabelle Linder, coordinatrice de l’équipe du CNE au CHC, "car le personnel hospitalier est toujours difficilement mobilisable". Faut-il le dire, encore plus aujourd’hui…

Plusieurs centaines de personnes étaient toutefois bien présentes devant les portes du MontLegia (CHC) à Liège. Mis sous pression depuis le début de cette épidémie en effet, ce personnel vit aujourd’hui avec une deuxième vague particulièrement difficile à gérer tant le personnel se dit en sous-nombre face à une tâche d’ampleur… Même si certains évoquent des hospitalisations moins longues, l’engorgement des services est bien réel… les hôpitaux sont sous pression.

"La différence avec la première vague c’est que le personnel est, lui aussi, plus touché par la maladie", poursuit la coordinatrice, "et qu’en plus la population est toujours fortement contaminée".

Une aide urgente

L’objectif de ce rassemblement, organisé de 13 h à 14 h, était bien de tirer la sonnette d’alarme et de faire comprendre aux "décideurs" qu’il faut aider les institutions hospitalières de manière urgente. "La détresse est palpable, les travailleurs n’en peuvent plus. Chaque jour, nous sommes contactés par des collègues à bout de force", poursuit-on au sein de la délégation CNE du CHC. "Les gens se demandent où sont les renforts promis, les primes promises, à quand une reconnaissance des métiers de soins comme métiers pénibles ?".

Le besoin premier, ce sont les bras. "Bien sûr, on ne sait pas cloner des infirmières mais une solution pourrait être de mobiliser le personnel soignant de l’armée. Et dans un hôpital, il n’y a pas que du travail en lien avec des soins". L’appel aux volontaires est aussi lancé…

Dans l’accord gouvernemental, une enveloppe de 1,2 milliard est prévue… "nous demandons qu’elle soit utilisée". Renforcement des services, revalorisation des fonctions… "Pourquoi attendre ? Cela ne va pas résoudre les problèmes dans l’immédiat mais, au moins, cela mettrait un peu de baume au cœur des travailleurs qui en ont grandement besoin".