Chaque lundi, notre nouvelle rubrique vous permet de choisir un sujet lié à l'actualité sportive. Cette semaine, vous avez souhaité en savoir plus sur l'avenir de Primoz Roglic au sein de la Jumbo-Visma.

L’ultra-domination de l’équipe Ineos, autrefois appelée Sky, sur les routes du Tour de France a laissé place, cette année, à la suprématie de la formation Jumbo-Visma. A la différence près que l’armada néerlandaise n’a pas su valider victorieusement son outrageuse supériorité.

Le cyclisme est en effet un sport individuel qui se pratique en équipe et le leader reçoit pour mission de conclure le travail de ses équipiers dévoués. Force est de constater que Primoz Roglic a failli dans cette tâche durant la 107e édition de la Grande Boucle. Un peu à la façon dont il avait pêché en 2018 lorsque le podium s’était dérobé sous ses pieds lors de l’ultime contre-la-montre d’Espelette.

En partant de ce constat, le staff de Jumbo-Visma doit-il miser sur un autre coureur pour tenter de remporter le Tour de France 2021 ? D’autant qu’au sein de l’effectif galactique des jaune et noir, il existe pléthore de candidats potentiels à la succession de Primoz Roglic. Tom Dumoulin, Steven Kruisjwijk, Sepp Kuss et Wout Van Aert ont tous démontré qu’ils avaient le niveau pour devenir calife à la place du calife.

Dans cette optique, la fin de saison pourrait livrer de solides enseignements pour l’équipe de Richard Plugge. Si Steven Kruisjwijk s’impose sur le Giro (3 au 25 octobre) ou si Tom Dumoulin enlève la Vuelta (20 octobre au 8 novembre), l’encadrement de Jumbo-Visma pourrait être tenté de laisser les clés du camion au Cintre ou au Papillon de Maastricht pour 2021, d’autant que ces deux coureurs ont l’avantage d’être Néerlandais. Les cas de Sepp Kuss et de Wout Van Aert sont beaucoup plus complexes à évaluer car il faudrait d’abord qu’ils désirent ardemment devenir leaders sur les grands tours. Que l’Américain accepte de courir sous pression et tente de s’améliorer en chrono et que le Belge fasse une croix sur le cyclo-cross, les sprints et les classiques. De telles évolutions sont difficiles à imaginer dans un avenir proche mais Sepp Kuss et Wout Van Aert, tous les deux âgés de 26 ans, disposent de temps avant d’emprunter le périlleux chemin de la reconversion.

Le grand favori pour mener l’armada Jumbo-Visma au départ de Brest le 2 juillet prochain reste néanmoins Primoz Roglic lui-même. Car le Slovène a apporté d’énormes garanties depuis deux ans sur les courses par étapes, avec huit succès sur les treize dernières auxquelles il a pris part. Le leader Jumbo-Visma a également terminé sur le podium des trois derniers grands tous sur lesquels il a été aligné (NdlR : troisième du Giro 2019, vainqueur de la Vuelta 2019, deuxième du Tour 2020). La donnée la plus défavorable à Primoz Roglic reste toutefois son âge. A 30 ans, l’ancien sauteur à skis a peut-être laissé passer sa chance d’autant que ses principaux rivaux sont tous bien plus jeunes que lui : Tadej Pogacar, 22 ans, Egan Bernal, 23 ans et bien sûr Remco Evenepoel, pas encore 21 ans. Mais Primoz Roglic dispose encore d’une certaine fraîcheur puisqu’il a débuté sa carrière cycliste sur le tard. Et il est engagé avec les jaune et noir jusqu’en 2023, ce qui en dit long sur la confiance accordée au Slovène par son staff.

S’il veut ramener le maillot jaune à Paris, le vainqueur de la Vuelta 2019 va cependant devoir changer sa façon de courir. Car il a tenté de bâtir son succès dans le Tour de France 2020 comme il l’avait fait lors de ses précédentes conquêtes : avec une prise de risque minimum et grâce à des gains en temps réguliers mais très marginaux. Primoz Roglic doit donc désormais apprendre à tuer le suspense à la façon d’un Chris Froome lors de l'ascension de la Pierre Saint Martin en 2015.

Mais avant cela, le Slovène doit surtout se remettre mentalement après une telle désillusion. Une participation, accompagnée d’une victoire, lors de la prochaine Vuelta serait une fantastique façon de se remettre en selle. Et une belle manière de prouver qu’il reste le patron des Jumbo-Visma.