Le transporteur à bas coûts se défend dans le cadre d'une action collective initiée par Test Achats, destinée à ce que la justice le contraigne à rembourser les passagers qui n'ont pas pu prendre leur avion en juillet et août de cette année-là. Quelque 172 vols avaient été annulés ou retardés. "La cause commune de cette action en réparation collective introduite par Test Achats ce sont les grèves, et elles ne sont pas imputables à Ryanair", a ainsi estimé Me Hakim Boularbah, l'avocat de la compagnie low cost. "En quoi les grèves sont-elles une faute de Ryanair? Il aurait fallu faire une action contre les syndicats", s'est-il exclamé, lors de cette troisième audience portant sur la question de la recevabilité d'une telle action en réparation collective.

Ryanair la conteste sur le fait que la cause commune est la grève et qu'elle n'est pas imputable à sa cliente, après avoir également développé auparavant que cette action n'est pas recevable devant un tribunal belge et que seul un tribunal irlandais est compétent pour juger la compagnie aérienne.

Du côté de Test Achats, Me Rafaël Jafferali et sa consoeur ont non seulement appuyé leur demande de déclarer l'action recevable, mais ils ont aussi sollicité des mesures de publicité en cas de jugement déclarant l'action recevable.

Ils ont demandé au tribunal de contraindre Ryanair à publier un bandereau sur tous ses sites Web avertissant de la décision, avec un lien renvoyant vers le site de Test Achats, et à avertir les passagers concernés par mail.

Le conseil de la compagnie aérienne s'est fermement opposé à cette demande secondaire. "On peut envisager un lien vers la publication du jugement mais Ryanair s'oppose vivement à mettre un lien renvoyant vers le site de Test Achats, qui donnerait sa version des faits alors qu'un jugement définitif ne serait pas encore intervenu. J'estime qu'il y a là une volonté de nuire! Qui plus est, Test Achats veut, via cette méthode, amplifier sa 'mailinglist' et élargir sa base de clients", a répondu Me Boularbah.

"Test Achats remplit toutes les garanties pour agir au nom des consommateurs", a réagi Me Jafferali. "Par ailleurs, ce procédé aurait l'avantage, tout simplement, de donner une information claire, sachant qu'un jugement n'est pas toujours facile à comprendre. Test Achats a un rôle pédagogique en tant qu'interface avec les consommateurs. C'est une question d'efficacité, ni plus ni plus moins. Il faut que l'information puisse être connue de tous les passagers concernés".

Dans cette affaire, l'organisation de consommateurs Test Achats a lancé une action collective contre la compagnie aérienne à bas prix Ryanair, en juillet 2019. En cause, un conflit social majeur chez Ryanair ayant été à l'origine, en juillet et août 2018, de l'annulation et du retard de 172 vols. La compagnie a cependant refusé d'indemniser les passagers qui n'ont pas pu prendre leur avion.

La présidente du tribunal a fixé mardi une ultime audience, le 17 novembre prochain à 09h00, consacrée aux questions supplémentaires qu'elle aurait à poser aux parties, avant de prendre l'affaire en délibéré.