Samedi matin, le groupe PS du conseil communal de Mons se réunit en urgence et notifie à John Joos son exclusion. Lund après-midi, le fondateur du Mouvement Citoyen qui avait scellé son sort à la liste socialiste pour les élections de 2018 réagit à cette éviction, sereinement. "Ça fait deux jours que je travaille sur moi-même pour ne pas être l'expression d'une colère et tomber dans le piège qui m'est tendu", introduit John Joos. "Dans le contexte actuel, avec cette crise sanitaire historique qui accentue les souffrances, les Montois n'ont pas besoin de ces guerres d'ego."

Point par point, le conseiller évincé répond aux arguments qui ont motivé la décision du PS, à commencer par son refus de signer le pacte de majorité, lorsque Stéphane Bernard a remplacé Marc Darville au sein du collège. "Dans les discussions que nous avions eues avant les élections, nous avions demandé la création d'un échevinat dédié à la démocratie et la citoyenneté. Si un élu Citoyen devait monter au collège, il était convenu que cet échevinat lui revienne. Mais au lendemain des élections, malgré mon résultat, c'est comme si je n'existais plus. J'ai signé une première fois le pacte de majorité. Je n'ai pas pu le faire au deuxième déni de démocratie. Si le PS voulait m'éjecter à ce moment-là, j'étais prêt. Mais je ne pouvais pas aller contre mes principes et cette démocratie qui fonctionne à l'envers."

L'Union socialiste communale (USC) reproche également au président de Toit&Moi d'avoir fait une obstruction systématique au conseil d'administration de la société de logements. "Tous les points ont été avalisés sans problème. Ça n'a coincé que pour deux dossiers. Une première fois lorsque j'ai proposé une représentation des locataires au conseil d'administration. Et dernièrement, lorsque j'ai signalé l'intérêt d'un amateur pour la vente de notre bâtiment à la Place du Chapitre. Pascal Lafosse a lancé des accusations graves en disant que j'agissais en dehors des procédures. J'ai des courriels qui attestent le contraire et je me réserve le droit de déposer plainte au Parquet pour certains éléments. Contrairement à ce que l'USC affirme, j'ai exercé mon mandat de président de Toit&Moi avec satisfaction, et j'ai travaillé à donner une autre image de la société."

Enfin, l'USC reproche à John Joos de ne pas avoir respecté la démocratie interne du parti, malgré des sollicitations et convocations systématiques. "Tout d'abord, je ne suis pas membre de l'USC, mais j'étais membre du groupe PS au conseil communal", précise le représentant du Mouvement Citoyen. "J'ai participé aux réunions de groupe pour le conseil. Jamais il n'y a été question de démocratie. On ne demande pas l'avis des conseillers sur tel ou tel dossier. L'unique but de ces réunions est de savoir comment on va contrer les motions de l'opposition et comment on va contrer Georges-Louis Bouchez. Pour le reste, il faut approuver les points de la majorité, même à contrecœur. Et j'en ai vu des conseillers voter des points avec lesquels ils n'étaient pas d'accord! Cette vision particratique n'est pas la mienne. Il faudrait arrêter de voter par groupe et que chaque conseiller puisse se battre pour les projets auxquels il croit. Tout ce qui vient de l'opposition n'est pas forcément mauvais. Tout ce qui vient de la majorité n'est pas mauvais. Mais tout ce qui vient de la majorité n'est pas forcément bon non plus."

L'élu du Mouvement Citoyen reste attaché à ses idéaux en matière de démocratie. Mais n'a-t-il pas péché par excès d'idéalisme en espérant bouger des traditions bien ancrées au sein d'une machine de guerre comme le PS? "Leur logique, c'est que la démocratie, c'est le groupe. Mais la démocratie n'existe pas au sein du groupe PS. Je les ai invités à changer de l'intérieur, ils ont préféré m'exclure", conclut John Joos.