La Belgique est un pays complexe qui devient peu à peu ingouvernable. Pour bien comprendre la situation actuelle, il faut intégrer deux dimensions propres à la politique belge - singulièrement dommageables. Premièrement, depuis quelques années et en raison tant de la polarisation du paysage politique que de l'écart grandissant entre Flamands et francophones, les exclusives se multiplient entre partis, A ne veut pas gouverner avec B qui ne veut pas gouverner avec C... Deuxièmement, et consécutivement, les partis, qui ne sont plus des blocs monolithiques en raison d'idéologies en mouvement perpétuel, subissent des tensions internes non négligeables, accentuées par des élections présidentielles internes.

Dans des moments de crise comme c'est le cas aujourd'hui au fédéral, la volonté de certains de faire le choix d'un compromis - au risque de renoncer à des pans importants du programme - suscite de vives répliques. Démonstration - et ce n'est pas par l'absurde.

1 Ces désastreuses exclusives

Du côté francophone, Ecolo ne souhaite en aucun cas gouverner avec la N-VA. Groen est sur la même ligne, même si les écologistes flamands participent à des majorités locales avec les nationalistes. Le PS réitère dans toutes les langues, - plus d'une douzaine de fois depuis mai - qu'il ne veut pas gouverner avec la N-VA. Il s'agit d'être cohérent avec ce qui avait été annoncé durant la campagne, mais aussi de tenir compte des différences programmatiques fondamentales avec les nationalistes. Le député fédéral Patrick Prevot, un ancien du cabinet Di Rupo au Seize, faisant encore le débat ce matin en réitérant l'intransigeance du parti. Son président, Paul Magnette, se dit "ouvert à la discussion, mais fermé à la conclusion".

Du côté flamand, la N-VA n'a pas été plus ouverte en affirmant régulièrement sa réticence à gouverner avec le PS... sauf pour mettre en place un confédéralisme imbuvable pour le PS. Ce n'est qu'au moment où le parti de Bart De Wever a senti souffler le vent du boulet avec l'imminence d'une formation gouvernementale sans lui, qu'il a tendu la main avec des avancées sociales.Ue évolution, donc: il a rebattu les cartes en incitant SP.A et CD&V à souhaiter une nouvelle tentative PS - N-VA. Sans que l'on ne croit, au PS et à Ecolo, à sa sincérité.

En s'excluant les uns les autres, N-VA et PS bloquent fondamentalement le jeu. Et rendent par exemple impossible une alternative à la Vivaldi sous forme d'une "Diables rouges" alliant PS, N-VA, SP.A, MR et CD&V). Une improbable majorité alternative sans le PS (N-VA, MR, CD&V, CDH, SP.A) semble peu probable, même si l'idée circule... plutôt à droite, faut-il le dire.

2 Ces déchirures internes

Il y a de quoi perdre son latin à suivre les derniers développements de la crise fédérale. Au SP.A, donc, le jeune président Conner Rousseau rouvre le jeu en direction de la N-VA, Johan Vande Lanotte appelle au dialogue entre les deux, la députée flamande Freya Van den Bossche (fille de) affirme que "SP.A et PS ne sont pas un parti unique", mais Bruno Tobback (fils de) privilégie toujours la piste arc-en-ciel (socialistes, libéraux, écologistes). Fortement fragilisé, sous les 10% désormais, le parti socialiste flamand cherche tout simplement à exister après le pari du renouveau à sa tête.

L'Open VLD n'est guère mieux loti. Sa présidente, Gwendolyn Rutten s'est avancée en faveur de l'arc-en-ciel, provoquant un solide débat interne, et a refusé toute idée d'un "front flamand". Cette phase provoquée par l'Open VLD a provoqué une rupture avec la N-VA. Bart De Wever affirme que la présidente aurait reçu la garantie qu'elle deviendrait Première ministre - affirmation démentie. Voilà pourquoi il a désormais avancé uine alliance N-VA - CD&V - SP.A, sans l'Open VLD. Des cadres à la droite du parti, libéral flamand dont le bourgmestre de Courtrai Vincent Van Quickenborne, préfèrent une alliance avec la N-VA et saluent les avancées de la note Bouchez-Geens par rapport à la note Magnette.

Vous suivez toujours ?

Le CD&V détient plus que jamais la clé de la formation gouvernementale, mais son nouveau président, Joachim Coens, doit imposer sa marque lui aussi alors qu'il a été rapidement propulsé informateur. Or, ladite marque semble plutôt conservatrice.

Curieusement, jusqu'ici, les partis francophones semblent plutôt préservés par les fractures internes. Mais tous - PS, MR, Ecolo et CDH - n'en ont pas été avares ces dernières années et une éventuelle avancée vers une solution autre que la fameuse Vivaldi pourrait réveiller les vieux démons.

En attendant, pour l'instant, l'analyse se termine comme ça:

La Belgique est un pays complexe qui devient peu à peu ingouvernable. Pour bien comprendre la situation actuelle, il faut intégrer deux dimensions propres à la politique belge - singulièrement dommageables. Premièrement, depuis quelques années et en raison tant de la polarisation du paysage politique que de l'écart grandissant entre Flamands et francophones, les exclusives se multiplient entre partis, A ne veut pas gouverner avec B qui ne veut pas gouverner avec C... Deuxièmement, et consécutivement, les partis, qui ne sont plus des blocs monolithiques en raison d'idéologies en mouvement perpétuel, subissent des tensions internes non négligeables, accentuées par des élections présidentielles internes. Dans des moments de crise comme c'est le cas aujourd'hui au fédéral, la volonté de certains de faire le choix d'un compromis - au risque de renoncer à des pans importants du programme - suscite de vives répliques. Démonstration - et ce n'est pas par l'absurde.Du côté francophone, Ecolo ne souhaite en aucun cas gouverner avec la N-VA. Groen est sur la même ligne, même si les écologistes flamands participent à des majorités locales avec les nationalistes. Le PS réitère dans toutes les langues, - plus d'une douzaine de fois depuis mai - qu'il ne veut pas gouverner avec la N-VA. Il s'agit d'être cohérent avec ce qui avait été annoncé durant la campagne, mais aussi de tenir compte des différences programmatiques fondamentales avec les nationalistes. Le député fédéral Patrick Prevot, un ancien du cabinet Di Rupo au Seize, faisant encore le débat ce matin en réitérant l'intransigeance du parti. Son président, Paul Magnette, se dit "ouvert à la discussion, mais fermé à la conclusion".Du côté flamand, la N-VA n'a pas été plus ouverte en affirmant régulièrement sa réticence à gouverner avec le PS... sauf pour mettre en place un confédéralisme imbuvable pour le PS. Ce n'est qu'au moment où le parti de Bart De Wever a senti souffler le vent du boulet avec l'imminence d'une formation gouvernementale sans lui, qu'il a tendu la main avec des avancées sociales.Ue évolution, donc: il a rebattu les cartes en incitant SP.A et CD&V à souhaiter une nouvelle tentative PS - N-VA. Sans que l'on ne croit, au PS et à Ecolo, à sa sincérité.En s'excluant les uns les autres, N-VA et PS bloquent fondamentalement le jeu. Et rendent par exemple impossible une alternative à la Vivaldi sous forme d'une "Diables rouges" alliant PS, N-VA, SP.A, MR et CD&V). Une improbable majorité alternative sans le PS (N-VA, MR, CD&V, CDH, SP.A) semble peu probable, même si l'idée circule... plutôt à droite, faut-il le dire.Il y a de quoi perdre son latin à suivre les derniers développements de la crise fédérale. Au SP.A, donc, le jeune président Conner Rousseau rouvre le jeu en direction de la N-VA, Johan Vande Lanotte appelle au dialogue entre les deux, la députée flamande Freya Van den Bossche (fille de) affirme que "SP.A et PS ne sont pas un parti unique", mais Bruno Tobback (fils de) privilégie toujours la piste arc-en-ciel (socialistes, libéraux, écologistes). Fortement fragilisé, sous les 10% désormais, le parti socialiste flamand cherche tout simplement à exister après le pari du renouveau à sa tête.L'Open VLD n'est guère mieux loti. Sa présidente, Gwendolyn Rutten s'est avancée en faveur de l'arc-en-ciel, provoquant un solide débat interne, et a refusé toute idée d'un "front flamand". Cette phase provoquée par l'Open VLD a provoqué une rupture avec la N-VA. Bart De Wever affirme que la présidente aurait reçu la garantie qu'elle deviendrait Première ministre - affirmation démentie. Voilà pourquoi il a désormais avancé uine alliance N-VA - CD&V - SP.A, sans l'Open VLD. Des cadres à la droite du parti, libéral flamand dont le bourgmestre de Courtrai Vincent Van Quickenborne, préfèrent une alliance avec la N-VA et saluent les avancées de la note Bouchez-Geens par rapport à la note Magnette. Vous suivez toujours ?Le CD&V détient plus que jamais la clé de la formation gouvernementale, mais son nouveau président, Joachim Coens, doit imposer sa marque lui aussi alors qu'il a été rapidement propulsé informateur. Or, ladite marque semble plutôt conservatrice.Curieusement, jusqu'ici, les partis francophones semblent plutôt préservés par les fractures internes. Mais tous - PS, MR, Ecolo et CDH - n'en ont pas été avares ces dernières années et une éventuelle avancée vers une solution autre que la fameuse Vivaldi pourrait réveiller les vieux démons.En attendant, pour l'instant, l'analyse se termine comme ça: