La deuxième vague était crainte par de nombreux spécialistes, l'automne-hiver étant propice à la circulation des virus respiratoires. Mais avait-on anticipé qu'elle serait plus forte que la première et qu'on n'arrivait pas à contrôler son ampleur ?
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La deuxième vague était crainte par de nombreux spécialistes, l'automne-hiver étant propice à la circulation des virus respiratoires. Mais avait-on anticipé qu'elle serait plus forte que la première et qu'on n'arrivait pas à contrôler son ampleur ? Pour le président français Emmanuel Macron, la réponse est non. "Comme tous nos voisins, nous sommes submergés par l'accélération soudaine de l'épidémie par un virus qui semble gagner en force à mesure que l'hiver approche que les températures baissent", a-t-il lancé hier lors d'une allocation. "Une fois encore, il faut avoir beaucoup d'humilité, nous sommes tous en Europe surpris par l'évolution du virus". "Certains pays comme l'Espagne, l'Irlande, les Pays-Bas ont pris plus tôt des mesures plus dures que les nôtres. Pourtant, tous, nous en sommes au même point, débordés par une 2ème vague qui, nous le savons désormais, sera sans doute plus dure et plus meurtrière que la première", insiste le président français. Il est vrai que le virus circule davantage qu'au printemps, en Europe, mais aussi dans le monde. Plus de 500.000 nouveaux cas de contaminations ont d'ailleurs été annoncés tous pays confondus en une journée, un nouveau record. Cette augmentation du nombre de cas déclarés dans le monde s'explique en partie par la hausse du nombre de tests réalisés depuis la première vague de l'épidémie en mars-avril, mais pas uniquement. Il y a bel et bien une circulation plus accrue du virus. Sur les 500.000 cas enregistrés mardi dans le monde, plus de la moitié ont été signalés dans les 10 pays les plus touchés : les États-Unis, l'Inde, le Brésil, la Russie, la France, l'Espagne, l'Argentine, la Colombie, le Royaume-Uni et le Mexique. Dans le monde, la pandémie a officiellement contaminé plus de 44,5 millions de personnes, pour plus de 1,175 million de morts depuis fin décembre. Les États-Unis comptent le plus de morts (227.701), devant le Brésil (158.456), l'Inde (120.527), le Mexique (90.309) et le Royaume-Uni (45.675).Épicentre du coronavirus au printemps, l'Europe est à nouveau le continent dans lequel la pandémie progresse le plus rapidement. On y recense plus de 220.000 nouvelles contaminations quotidiennes en moyenne durant les 7 derniers jours, soit une augmentation de 44% par rapport à la semaine précédente. Au moment où de nombreux pays imposent de nouveau des mesures strictes pour tenter d'endiguer cette seconde vague, la région s'approche d'une moyenne de 2.000 décès quotidiens. Au premier pic de la pandémie en avril, plus de 4.000 décès quotidiens étaient recensés.C'est pourquoi de nombreux pays ont une fois encore recours au confinement, souvent partiel. La France est devenue hier un des rares pays ou régions en Europe - avec l'Irlande et le Pays de Galles - à choisir de confiner l'ensemble de sa population, l'arme la plus puissante contre le virus.De nombreux autres pays européens ont pour leur part décrété des couvre-feux, mesure souvent présentée comme un dernier recours avant un reconfinement total. C'est le cas en Belgique, pays du monde où le virus circule le plus intensément et pointé du doigt par la presse étrangère, mais pas seulement. En Allemagne, la chancelière Angela Merkel a annoncé des mesures drastiques dont la fermeture pour un mois des restaurants et structures de loisir. Les responsables politiques espèrent encore sauver les fêtes de fin d'année, bien que la plupart des marchés de Noël, chers aux Allemands, aient déjà été annulés. En Angleterre, le nombre de contaminations double tous les neuf jours, selon une étude.Les États-Unis sont également confrontés à une hausse du nombre de cas détectés. Ils ont enregistré pour la première fois plus de 500.000 contaminations en une semaine durant ces 7 derniers jours, tandis que 370.000 avaient été comptés la semaine précédente.Quelques jours avant l'élection présidentielle, les candidats Joe Biden et Donald Trump continuent de s'écharper en matière de lutte contre la pandémie. "Le refus de l'administration Trump de reconnaître la réalité que nous traversons, alors que près de 1.000 Américains meurent chaque jour, chaque jour, est une insulte envers chaque personne qui souffre du Covid-19 et chaque famille qui a perdu un être cher", a ainsi lancé le candidat démocrate.Au Moyen-Orient, l'Iran, pays le plus touché par la pandémie dans la région, a déploré mercredi 415 nouveaux décès en 24 heures, dépassant le record établi la veille, alors que les hôpitaux sont déjà en difficulté en raison des sanctions économiques imposées par les États-Unis. Selon les autorités, des patients doivent faire la queue pour avoir accès aux lits dans certains hôpitaux, et le personnel médical accuse "fatigue mentale et physique" et manque d'équipements en bon état.En Tunisie, le Premier ministre, Hichem Mechichi, a annoncé jeudi un couvre-feu du lundi au vendredi, légèrement élargi le weekend, sans préciser sa durée. En revanche en Israël, après une forte hausse des cas qui a entraîné un confinement général en septembre, la tendance est à la baisse.L'Inde a officiellement dépassé les huit millions de cas recensés depuis le début de l'épidémie. Très peuplé, deuxième pays le plus touché par la pandémie de coronavirus après les États-Unis, se prépare de surcroît à une nouvelle vague épidémique. L'Inde a cependant l'un des taux de mortalité les plus faibles au monde et des ministres ont ces dernières semaines mis en avant une baisse du nombre de nouvelles contaminations. Mais les autorités se préparent à une flambée de cas après Diwali, la principale fête religieuse du pays prévue le 14 novembre, alors que l'arrivée de l'hiver et les pics de pollution risquent aussi d'aggraver la situation. Les autorités avaient imposé en mars un confinement qui a plombé l'économie et coûté des millions d'emplois. Il a été progressivement levé depuis pour tenter de relancer l'économie, mais cela a aussi favorisé la circulation du virus."Le moment est venu de se préparer à une deuxième vague", a déclaré John Nkengasong, le directeur du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) de l'UA. "Le continent a très bien réussi à infléchir la courbe, avec la plupart des pics de contamination autour de juillet puis une décrue régulière, mais à l'heure actuelle nous commençons à voir une certaine stagnation."En dépit de premières inquiétudes sur une pandémie risquant de dévaster la région, les 55 Etats membres de l'Union africaine ont à ce stade enregistré 1,7 million de cas de Covid-19, représentant seulement 3,9% au niveau mondial, selon le CDC. Au cours du mois écoulé, les cas ont augmenté en moyenne chaque semaine de 6% pour l'ensemble du continent et neuf pays ont des taux de contamination supérieurs à 10%. Nkengasong a souligné que le tableau de l'épidémie sur le continent était toutefois contrasté, avec de nouveaux cas augmentant en Afrique de l'Est, du Nord et en Afrique australe, et une baisse en Afrique de l'Ouest et du centre. Le Kenya a ainsi enregistré une hausse hebdomadaire moyenne de 45% des cas au cours des quatre dernières semaines, tandis qu'à l'autre bout du spectre la Sierra Leone a connu une baisse hebdomadaire de 21%.Il appelle à renforce les tests et les systèmes de surveillance, et recommander le port du masque, avant qu'il ne soit trop tard. "Si nous nous faisons cela ensemble, nous préparons concrètement le continent à une deuxième vague, qui va indubitablement arriver. Nous avons vu ce qui se passe en Europe... Nous voulons nous assurer que nous allons préserver ce que nous avons réussi au cours des dix derniers mois."(avec AFP)