Le SLFP dénonce des conditions de travail catastrophiques à la police fédérale.

Imaginez-vous un instant : vous êtes sur votre lieu de travail et chaque fois qu’un besoin pressant vous prend, il faut vous rendre aux WC, lampe de poche à l’appui. Une fois dans les sanitaires, faut-il encore être chanceux et tomber sur une toilette disponible. C’est le quotidien vécu par les membres de la police fédérale qui occupent les bâtiments du site Saint-Léonard à Liège. “Une toilette sur deux fonctionne quand tout va bien. Il n’y a plus que deux toilettes et deux urinoirs pour 50 hommes et un seul WC pour une dizaine de femmes. Sans compter que tout cela refoule, avec des odeurs insupportables”, témoigne une source syndicale.

Autant d’éléments avec lesquels les policiers fédéraux liégois doivent combiner déjà depuis desmois.

Pour Vincent Gilles, président du SLFP Police, cette situation n’est plus tolérable. “Les collègues sur place demandent des réparations mais, faute de budget et surtout faute d’artisan plombier, le responsable qu’est le directeur coordonnateur de Liège, Monsieur Demelenne, se limite aux ‘priorités’sans que celles-ci n’aient été l’objet d’une définition claire en Comité de concertation”, regrette la voix syndicale avant d’élargir le problème à l’ensemble des bâtiments liégeois de la police fédérale. “Le souci s’étend au-delà du site de Saint-Léonard en raison de la carence en personnel artisan au sein de la police fédérale. Ce sont tous les bâtiments fédéraux sur la province qui sont dans un état déplorable. Et le Master plan pour Liège – avec la rénovation totale du quartier de Vottem pour y reconcentrer toutes les forces de la police fédérale – semble être tombé au fond d’une oubliette. Alors c’est au coup par coup, en fonction de l’argent disponible. Liège est la parfaite illustration de l’état de la police fédérale : suite aux économies de la législature Di Rupo, conséquence de la crise de 2008, la Régie des Bâtiments n’investit que très peu dans les bâtiments de la police fédérale, et celle-ci n’a pas suffisamment de budget pour consentir à des petits marchés publics pour les réparations coutumières, ce qui fait qu’un petit problème prend vite de l’ampleur. Et pour les collègues, c’est insupportable”, poursuit Vincent Gilles. Il admet toutefois que le nouveau Commissaire général, Marc De Mesmaeker, a la volonté de faire changer les choses. “Mais certains hauts responsables de la police fédérale trouvent cela normal de voir la charge psychosociale des policiers atteindre ainsi des scores très inquiétants et prétendent qu’il faut régler les problèmes en tenant compte des particularisme locaux… On voit oû mène ce genre de logique totalement déplacée maintenant”.

Contactée, la porte-parole de la police fédérale, Sarah Frederickx, répond que la police attend le budget 2020 pour procéder à des réparations. “Nous sommes également en train d’engager 66 techniciens de surface, dont sept à Liège mais cela prend du temps”.