Même si la Belgique se trouve en phase de déconfinement, le coronavirus influence toujours le calendrier académique. Après une fin d'annéee scolaire tumultueuse, la rentrée de septembre amène une nouvelle série de défis. Certains jeunes devoir prolonger leurs études d’un quadrimestre, d’autres se demandent s’ils pourront partir en échange Erasmus après le blocus de janvier. Dans ces deux cas, la question du logement se pose. Mais est-ce que ça vaut la peine de reprendre une location pour quelques mois? Et si oui, est-ce possible?

Rester ou partir ?

“C’est impossible de trouver un kot pour quatre mois”, affirme Aline, étudiante en dernière année de communication à l’ULB. “J’ai cherché, mais c’est beaucoup d’organisation et d’argent pour juste quelques mois. Je ferai donc la navette entre mon domicile et l'université tous les jours. De toute façon, on ne sait toujours pas à quoi va ressembler concrètement l’année scolaire 2020-2021”, confie-t-elle.

Mais tous n'ont pas cette possibilité. Sa collègue, Maria-Francesca, est originaire d’Italie. “J’étais censée partir au premier quadrimestre et faire un stage dans le pays de mon choix ensuite”, explique-t-elle. À cause de la pandémie, son échange a été reporté. Cela a une double conséquence: elle devra effectuer son stage et suivre ses cours du premier quadrimestre en même temps. L’étudiante se voit donc obligée de rester à Bruxelles.

Le bail de Maria-Francesca prend fin le 31 août et elle ne peut pas le renouveler pour quelques mois. “Je me suis lancée à la recherche d’un kot, une chambre en colocation, un appartement... bref un toit. Inutile de dire que c’est très difficile. Il y a peu de disponibilités sur le court terme.” L’étudiante se retrouve face à deux possibilités. Premièrement, sous-louer son logement après son départ à l'étranger. Deuxièmement, louer sur le long terme et payer deux loyers : celui de son kot à Bruxelles et celui dans la ville où aura lieu son échange. “Il est évident qu’aucun des deux cas est un bon plan”, déplore Maria-Francesca.

Un kot oui, mais à quel prix ?

Selon José Garcia, président du syndicat des locataires,"il n’existe pas de règles sur la durée minimum d’un bail". Aucune base légale n’interdit donc un bail de six mois. “Mais il est vrai qu’un bailleur aura toujours tendance à privilégier des contrats à longue durée”, ajoute-t-il.

Si ces contrats de quelques mois sont refusés, les locataires ont deux options : résilier le contrat au moment voulu et payer une indemnité de départ ou tenter de sous-louer le logement durant la période où il ne sera pas occupé. Mais la sous-location n’est pas souvent admise. “Une sous-location doit toujours être prévue à l’avance, il faut faire très attention”, met en garde José Garcia. À titre d’exemple, les contrats des logements étudiants de l’UCLouvain stipulent que la sous-location est interdite, sauf si le bailleur, dans ce cas-ci l’université, l’autorise.

Ça en vaut la peine?”

“Beaucoup d’étudiants nous contactent pour savoir si reprendre un kot pour l’année à venir vaut vraiment la peine,” indique Stéphanie Mureau, informatrice juridique chez Infor Jeunes. Durant le confinement, la majorité des logements estudiantins s’était retrouvée vide et les koteurs payaient des loyers pour rien. Les universités quant à elle privilégient pour l'instant un système de cours à moitié en présentiel. Ce choix permet aux étudiants de ne pas devoir se rendre chaque jour dans les auditoires, ce qui facilite la vie de ceux qui n'ont pas de kot...