Les représentants des différents hôpitaux belges (GIBBIS, Santhea, UNESSA et Zorgnet-Icuro) ont uni leur force pour faire part de leur "inquiétude extrême" face à la deuxième vague de coronavirus dans le pays.

"À quelques nuances près, toutes les estimations vont dans le même sens : au rythme de la progression actuelle des hospitalisations Covid-19, notre capacité d’accueil en soins intensifs sera dépassée d’ici une semaine à dix jours. Nous serons alors forcés de faire des choix", préviennent-ils. "Tel patient sera pris en charge de manière optimale plutôt qu’un autre. Nous n’aurons plus d’autres alternatives".

Selon eux, le manque d'espace n'est qu'une donnée du problème. Car pour que les patients puissent être pris en charge, encore faut-il du personnel. Et justement, le personnel soignant se fait de plus en plus rare.

"Le personnel soignant toujours au poste ne compte plus ses heures et fait preuve d’un dévouement exemplaire. Mais tout effort a ses limites. Nous enregistrons un taux d’absence de 20% à 30% dans les équipes. Certains hôpitaux atteignent des pics de 40% ! Dans le même temps, une étude récente montrait que 70% du personnel hospitalier était en risque de burnout."

Ils lancent donc un nouvel appel au secours : "Nous n’allons plus tenir longtemps à ce rythme !"

L'uniformisation des mesures est insuffisante

Le Premier ministre Alexander De Croo annonçait hier une uniformisation des mesures dans l'ensemble du pays. Mais s'ils concèdent y voir "un pas dans la bonne direction", cet effort est encore insuffisant.

"Nos hôpitaux sont à bout et leur saturation s’annonce inéluctable. Nous ne nous faisons plus d’illusion. Nous pouvons toutefois tenter de limiter les conséquences de cette saturation et surtout sa durée."

Alors que le comité de concertation devant décider si la Belgique suivra les pas de la France et de l'Allemagne, les hôpitaux du pays demandent "de prendre la seule mesure qui s’impose : le renforcement des mesures actuelles de confinement." "Nous parlons ici de ce qui peut faire la différence entre la vie et la mort de nos concitoyens, voire de nos proches", insistent-ils.

"Monsieur le Premier ministre, Messieurs les Ministres-présidents, pour conclure, nous ne ferons que reprendre les derniers chiffres publiés ce jour par Sciensano, ils sont suffisamment éloquents : plus de 14.300 cas de Covid-19 confirmés dans le pays, près de 600 hospitalisations quotidiennes, un total d’un peu moins de 6.000 patients covid hospitalisés dont près de 1.000 en soins intensifs. Et 70 décès dus à la Covid-19, chaque jour. Où voulez-vous arrêter cette spirale infernale ?"