La cour d'appel de Liège a condamné Jean-Charles Luperto, 46 ans, poursuivi pour des faits d'outrages aux moeurs commis en 2014 à la station-service de Spy, à une peine de 6 mois de prison avec sursis .

Du côté de Sambreville dont Jean-Charles Luperto est le bourgmestre, c'est un peu la stupeur au niveau politique, apparemment peu de personnalités croyant qu'il y aurait condamnation dans ce dossier.

Clotilde-Leal Lopez (CDH+), à qui nous apprenons la nouvelle se dit stupéfaite. " Je suis vraiment triste, j'en ai la chair de poule. Je ne me suis pas impliquée dans ce dossier qui est avant tout humain mais je suis surprise, je ne croyais pas à une condamnation. Je suis très touchée, humainement c'est dur, c'est très destructeur. Je souhaite beaucoup de courage à Jean-Charles". Pour la conseillère de l'opposition, on pourrait s'attendre à un peu de remous sur le plan politique: " Certains ont parlé de déposer une motion de méfiance à l'encontre du bourgmestre. Je ne la soutiendrai pas. Je dois en référer à mon groupe, mais je suis persuadée qu'il sera d'accord avec moi". 

Pour Philippe Kerbush, conseiller Défi, on a enfin la vérité judiciaire après six ans de procédures. " Maintenant c'est à Jean-Charles Luperto d'agir en âme et conscience. C'est à lui et au PS qu'il appartient de se positionner. Pour ma part, je ferais un pas de côté, il y a une ligne éthique à respecter, on ne peut pas chipoter". Mais pour lui, il y a un problème d'image : "C'est quand même un chef de la police qui est condamné. Comment celle-ci peut-elle rester crédible dans ce cas? C'est plus ce mandat-là de Luperto qui pose problème"

Au moment de l'inculpation du bourgmestre, la cheffe de file de Défi Monique Félix avait proposé de déposer une motion de méfiance à l'encontre de Jean-Charles Luperto. " Nous allons nous voir pour examiner comment réagir  au niveau politique. Mais ce sont surtout le bourgmestre et son parti qui doivent se positionner!"

Avis partagé par Samuel Barberini, leader du groupe MR au conseil communal de Sambreville: " On attendait la vérité, il y en a maintenant une. Humainement, on n'a pas envie d'en demander plus. Mais il y a une question d'image de Sambreville qui sera encore ternie quand on sait que c'est le chef de la police qui est condamné. Nous allons nous réunir pour prendre officiellement position mais on aimerait connaître la position du président du PS".

Jean-Luc Révelard, Ecolo, est surpris et ne pensait pas que le bourgmestre serait condamné. Il préfère attendre un peu avant de donner un avis: " Nous allons nous réunir, au niveau local  mais aussi régional pour ne parler que d'une seule voix".

Au sein du PS, c'est la stupeur également, les militants sont sous le choc. Tous, sans exception, pensaient que leur leader allait être acquité et le soutiennent comme Vincenzo Maniscalco, président du CPAS: " Ca a été long pour lui et pour tout le monde. Je ne m'attendais pas à cette condamnation. Je connais Jean-Charles,  je ne le vois pas faire ce geste devant des enfants. Je ne sais pas ce qui va se passer. C'est très malheureux pour la suite de sa carrière et j'espère qu'il ira en cassation. Pour moi, c'est une condamnation politique. Mais il est soutenu par la population de Sambreville et beaucoup s'inquiètent pour l'avenir de la commune..."