Nous ne sommes pas encore à la fin de l'épidémie. Loin de là. Les chiffres de l'infection ont poussé le Conseil national de sécurité de ne pas encore activer la phase 5 du plan déconfinement. Ainsi, "certains indicateurs clignotent et nous gardons un oeil dessus", a déclaré le Premier ministre Sophie Wilmès (MR). La principale victime économique de l'éventuel report de nouveaux assouplissements est le secteur événementiel. À partir du 1er août, le nombre maximum de visiteurs pourrait être revu à la hausse. Mais personne ne peut dire aujourd'hui si ce sera le cas. Un des autres points à l'ordre du jour était un éventuel renforcement des mesures en cas de seconde vague.
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Nous ne sommes pas encore à la fin de l'épidémie. Loin de là. Les chiffres de l'infection ont poussé le Conseil national de sécurité de ne pas encore activer la phase 5 du plan déconfinement. Ainsi, "certains indicateurs clignotent et nous gardons un oeil dessus", a déclaré le Premier ministre Sophie Wilmès (MR). La principale victime économique de l'éventuel report de nouveaux assouplissements est le secteur événementiel. À partir du 1er août, le nombre maximum de visiteurs pourrait être revu à la hausse. Mais personne ne peut dire aujourd'hui si ce sera le cas. Un des autres points à l'ordre du jour était un éventuel renforcement des mesures en cas de seconde vague. Sur ce point, il semble plus ou moins acquis qu'un nouveau confinement national est hors de question. Le ministre de l'Intérieur Pieter De Crem (CD&V), entre autres, l'a dit à plusieurs reprises. Au lieu de cela, on envisage plutôt des mesures plus ciblées. Selon De Crem, certains foyers, tels que les communes, les écoles ou les zones industrielles, pourraient être fermés.Mais l'absence de feuilles de route actualisée et d'un cadre épidémiologique précis a ravivé les tensions. Les experts et les politiciens en sont encore à réfléchir sur les éventuelles pistes à suivre alors que des pays comme l'Allemagne et l'Espagne montrent qu'un confinement local pourrait, tôt ou tard, être nécessaire.Or pour rendre de telles mesures efficaces, il faut déterminer quand un foyer d'infection doit être verrouillé et qui prendra cette décision. Deux points que personne ne semble pressé d'éclaircir. Par exemple, les experts du GEES peaufinent encore les critères et les paramètres qui induiront la prise de telles mesures drastiques. À cette fin, le GEES travaille en étroite collaboration avec Sciensano, le groupe de gestion des risques et le centre de crise. La présidente du GEES, Erika Vlieghe (UZA), ne veut pas être liée à un délai. Vlieghe précise que les experts et les autorités s'y attellent depuis un certain temps. "Nous avons déjà beaucoup de pièces de puzzle, mais il nous faut un peu de temps pour tout assembler de façon correcte". Sauf que comme les chiffres se font plus concrets et que du coup la pression augmente. Le Standaard a publié ce matin quelques pistes issues de ce futur rapport. L'intention est notamment d'attribuer des codes de couleur aux zones en fonction du nombre de nouvelles infections. Les Affaires étrangères appliquent déjà cette méthode pour évaluer les voyages à destination et en provenance de l'étranger. A ceci près que la gestion du fameux code orange pour les touristes et sa volatilité, mais aussi le battage médiatique, a été catastrophique à la fois pour l'image et pour la pérennisation du système.Un autre point également établi par les experts, c'est que les enfants ne devront plus rester confinés. Crèches et écoles devront dans la mesure du possible rester ouvertes. Plus sûre, cette stratégie devrait aussi permettre aux parents de travailler à domicile dans une plus large mesure. Si ces établissements doivent néanmoins fermer au plus fort d'un nouveau pic d'épidémie, ils devraient aussi être les premiers à rouvrir. Les experts déterminent en outre quelles entreprises devraient être les premières à fermer. Ils favorisent le principe de "dernier arrivé, premier sorti". Les évènements sportifs et culturels seraient donc les premiers à fermer, suivis pas les magasins, puis l'horeca et, enfin, les magasins et entreprises qui n'ont pas de contact avec les consommateurs. Par ailleurs, la taille des bulles autorisées serait aussi adaptée.Le groupe d'experts en charge de l'exit strategy (GEES) plaide aussi, qu'en cas de seconde vague de contaminations par le Covid-19 les mesures soient adaptées à l'échelle des provinces. Et c'est là l'aspect innovant de cette approche. Un resserrement des mesures ne serait pas nécessairement applicable à tout le pays. Celles-ci devraient être aussi ciblées que possible, suggèrent les experts. Toutefois, ne concentrer les mesures qu'à de petites zones n'est pas non plus souhaitable. Si bien que le niveau provincial semble être le compromis le plus adapté entre des mesures sur mesure et la fluidité de la communication", indique le rapport.Les experts n'émettent là qu'un avis et c'est aux politiciens de décider quelles mesures sont prises et où. "Il semble évident qu'un gouvernement local, en consultation ou non avec le gouverneur, pourrait dans ce cadre prendre facilement des mesures", explique M. Vlieghe. La difficulté se situe au niveau national. "Nous devons faire très attention à ce que nous ne nous retrouvions pas dans une situation où personne ne décide. Ou pire que des décisions contradictoires soient prises à différent niveau. Il n'est pas facile de rationaliser l'ensemble".Au sein du gouvernement fédéral, on affirme qu'on s'appuiera sur le diagnostic d'experts, mais aussi sur les autorités locales et provinciales qui assurent le traçage. En outre, l'ampleur du problème, autrement dit du foyer infectieux, sera sérieusement prise en compte. Fermer un centre de soins résidentiels n'est pas la même chose que de décréter un confinement pour toute la province de Flandre occidentale. "Plus l'échelle du foyer infectieux est grande, plus il y a de chances que le Conseil de sécurité soit impliqué dans les consultations ou prenne la décision", selon une source gouvernementale. S'il semble donc qu'une feuille de route prenne progressivement forme, elle est encore loin d'être applicable dans l'immédiat. Car Le GEES ne dit pas non plus quels renforcements des mesures vont de pair avec un certain code couleur. Une autre question importante est de savoir qui est autorisé à décider d'éventuel renforcement des mesures au niveau local. "Cela me semble être une décision qui doit se prendre au fédéral, puisque nous sommes encore dans la phase fédérale", dit De Crem. "Mais les gouverneurs provinciaux auront probablement aussi un rôle à jouer". Quoi qu'il en soit, ce sera au Centre national de crise à développer les grandes lignes d'un éventuel second confinement.