La France a tranché et opté pour un reconfinement général, ce mercredi 28 octobre. Arguant que la situation nécessitait une réponse de taille, Emmanuel Macron a annoncé à ses concitoyens que leur liberté de mouvement allait à nouveau être considérablement réduite pendant un mois. Est-ce que la Belgique fera de même dans les jours à venir ? C'est en tout cas ce que prônent de nombreux spécialistes et politiques, à la veille d'un nouveau comité de concertation. Si ce dernier était organisé initialement pour évaluer une première fois l'impact des mesures entrées en vigueur le 19 octobre, les experts estiment qu'il devra prendre des décisions compliquées pour juguler le rebond épidémique qui se poursuit. "On ne retrouve aucune bonne nouvelle dans les dernières données communiquées par Sciensano", a réagi Marc Van Ranst, ce jeudi matin sur Twitter. "Il n'y a actuellement aucun signe d'un possible effet des mesures prises." 

Rappelant à quel point la situation est "critique" dans les établissements de soins de santé, le virologue de la KULeuven a plaidé pour que le fédéral aille bien plus loin dans les restrictions en vigueur. "Il est temps d'appuyer sur le bouton d'urgence, comme l'ont fait d'autres pays voisins et de passer à un lockdown", a insisté celui qui a longtemps fait partie de la Celeval (cellule d'évaluation qui conseille les autorités dans cette crise sanitaire). 

Un appel qu'a soutenu le doyen de la faculté de médecine de la VUB, qui a estimé que "tous les records étaient battus" à ce jour. "Sans un reconfinement, nous allons tout droit vers un effondrement", a mis en garde Dirk Devroey. Selon le professeur de médecine générale, il n'y a pas de temps à perdre et il faut envisager un lockdown, "dès aujourdhui". "Lors de la première vague, lorsque les hôpitaux ont atteint leur capacité maximale, le nombre de nouveaux cas diminuait déjà, a-t-il rappelé à nos confrères de HLN. Aujourd'hui, il continue à augmenter de 50% chaque jour. Nous allons à la catastrophe. Chaque heure que nous attendons est une heure de trop."

Parlant de "la pire catastrophe que le pays ait jamais connue", le spécialiste a estimé qu'il fallait envisager désormais de déployer l'armée et faire appel à davantage de bénévoles dans les hôpitaux.  

Le recteur de l'université de Gand, Rik Van de Walle, s'est également joint à ces appels, ce jeudi 29 octobre. Sur Twitter, il a vivement recommandé aux autorités de mettre en place un lockdown sans tarder, au vu des dernières tendances présentées par Sciensano. 

Le ministre-président wallon, Elio Di Rupo, avait déjà émis un avis favorable à une telle solution ce mercredi. Peu avant de rencontrer le Premier ministre, il avait expliqué qu'il "insisterait pour qu'on aille le plus loin possible dans le confinement lors du comité de concertation" de ce vendredi.  Ce matin encore, le ministre wallon des Affaires intérieures a insisté sur le fait que si le fédéral ne prenait pas les décisions nécessaires, la Wallonie le ferait de son côté.