La Région Bruxelles-Capitale a renforcé les mesures sanitaires contre le coronavirus ce samedi, à l'issue d'une réunion organisée d'urgence, à la demande du ministre de l’Intérieur Pieter De Crem. Le bourgmestre d'Auderghem, Didier Gosuin, n'a guère apprécié cette convocation et l'a fait savoir à nos confrères du Soir, ce dimanche.

" A 16 heures samedi, on a reçu une convocation par mail de la haute-fonctionnaire mandatée par le ministre, sans aucune information supplémentaire", colère-t-il.

Les 19 bourgmestres ont été convoqués en raison des mauvais chiffres bruxellois concernant l'épidémie de coronavirus. "Or, il y a trois jours, le CNS annonçait des assouplissements", tempête Didier Gosuin au Soir. "Je ne suis pas bête. J’avais vu les mauvais chiffres. Je me disais qu’ils se trompaient et voilà que c’est à nous de trouver des solutions. J’ai le sentiment d’avoir été instrumentalisé par le fédéral."

L'ex-ministre à la Région bruxelloise reproche également au fédéral de n'avoir laissé aux bourgmestres que peu de champ d'action : "On nous a dit qu’on ne pouvait jouer que sur quatre facteurs. Les familles, ce n’est pas possible. Les transports en communs non plus, sinon autant reconfiner. Restaient les écoles, mais nous ne sommes pas compétents et, enfin, l’horeca."

Ce pourquoi il a été décidé de fermer les bars à partir de 23h, dès ce lundi. Une décision que le bourgmestre d'Auderghem fustige :  "Cela va être à la Région de trouver les millions pour aider les tenanciers", reproche-t-il. "Ce n’est pas comme ça qu’on gère un État. Ce n’est pas à nous de faire le sale boulot, surtout si on nous refuse l’accès à l’information. Jamais on ne m’a communiqué de détail sur un éventuel cluster de cas Covid dans ma commune. Franchement, c’est du grand n’importe quoi. Je comprends tout à fait la colère du citoyen."